News
49/
États-Unis: l’implantation
de puces sous-cutanée autorisée sur des individus
Par Alorie Gilbert
CNET News.com Vendredi 15 octobre 2004
Extraits
«Les
hôpitaux américains ont le feu vert pour injecter à leurs
patients une puce qui les aidera à consulter rapidement leur
dossier médical. L'agence de sécurité sanitaire du pays a
donné son accord. D’autres États testent cette technologie.
SAN FRANCISCO – L’agence de sécurité sanitaire américaine
(Food and Drug Administration, FDA) autorise désormais l’usage
de puces à identifiant radio RFID dans le corps humain – à
des fins de suivi médical dans les hôpitaux. L’information
a été communiquée cette semaine par Applied Digital, fabricant
californien de ce type de produits.
Il
indique que l’administration fédérale a rendu son verdict
au terme d’une année d’étude. De la taille d’un grain de riz,
les puces à signal radio sont injectées à l’aide d’une seringue
dans le bras des patients. Les données ne sont pas contenues
dans la puce proprement dite, mais dans une base de données
distante. Pour récupérer les informations – identité de la
personne, son groupe sanguin ou sa pathologie –, le personnel
médical utilise un scanner. Il lit les données dans la base
grâce au numéro de série unique dont chaque puce dispose.
»
«D’autres
pays ont en revanche déjà adopté la technologie. Au Mexique,
plus de 1.000 patients se sont fait implanter une puce Verichip.
Et le ministère italien de la Santé les teste dans plusieurs
hôpitaux. Mais les produits conçus par Applied Digital trouvent
d’autres applications que l'on pensait jusqu'ici réservées
aux animaux ou aux produits. Des sociétés les utilisent comme
outils d’authentification pour renforcer la sécurité et le
contrôle d'accès. Toujours au Mexique, le ministre de la Justice
et 200 de ses collaborateurs se sont fait injecter une puce
pour contrôler l’accès aux zones sensibles où des documents
confidentiels sont conservés.»
«Mais
ce feu vert n'est pas là pour rassurer les défenseurs des
libertés individuelles. C’est le cas de Roger Clarke, un activiste
australien qui s’oppose depuis plus de dix ans à ce type de
technologie. «On va d'abord mettre une puce aux personnes
qui sont régies par les institutions, car elles sont prisonnières
et on a un pouvoir sur eux. Mais viendra ensuite le tour des
grands-mères atteintes de sénilité.» Et d’alerter également
sur les risques de fuites au quotidien, entre la puce et tout
capteur de signal radio.»
«En
effet, étant donné le nombre croissant de scanners RFID qui
vont se développer un peu partout dans notre vie quotidienne,
les risques de dérapage sont très importants, renchérit David
Vaile, directeur d'un institut de recherche juridique (Cyberspace
Law and Policy Centre) de l’université de Nouvelle-Galles
du Sud en Australie. Sans compter qu’une fois en place, difficile
de retirer une puce. Quoi qu'il en soit, il estime qu'un palier
a été franchi dans les esprits, et c'est peut-être le plus
important: «Si vous sautez dans de l’eau bouillante, vous
en ressortirez aussitôt. Mais votre réaction ne sera pas la
même si l’on élève la température progressivement.»
http://www.zdnet.fr/actualites/technologie/0,39020809,39177951,00.htm