presse
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Réticences
de la CNIL au projet INES et à la biométrie
article paru
dans Libération
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EXTRAIT
"Selon la Commission
nationale informatique et libertés, le projet de documents
infalsifiables à données biométriques présenterait des dangers
de fichage."
La
nouvelle carte d'identité met la puce à l'oreille de la
Cnil.
Par Patricia
TOURANCHEAU
jeudi 21 avril
2005 Liberation
François Giquel,
commissaire à la Cnil, se montre déjà très circonspect sur
«l'utilisation de la biométrie comme preuve d'identité»
: «Ce n'est plus un carton ou un code secret, mais un élément
intime de votre corps qui devient un identifiant. Si on
exige de la personne comme preuve définitive de montrer
un oeil, un doigt ou un visage, vous êtes marqué à vie,
c'est une révolution sociale.» Auditionné par la Cnil sur
ce projet Ines, le magistrat honoraire Louis Joinet, lui-même
ancien de la Cnil ayant enquêté sur le fichier des juifs,
a souligné «le danger de tels fichiers informatisés de populations
avec les adresses qui, s'ils avaient existé entre 1940 et
1945, n'auraient pas permis à des juifs d'échapper aux rafles».
De plus, Me
Alain Weber pour la Ligue des droits de l'homme (LDH) ne
considère pas «comme une garantie la prétendue séparation
de ces différents fichiers aux mains de l'Etat. Il y a des
risques évidents d'interconnexion». Alex Türk, président
de la Cnil, s'est déclaré hier «préoccupé» par la «constitution
de bases centrales, par la traçabilité possible par les
empreintes de nos concitoyens et par les autres usages éventuels»
de ces fichiers à des fins policières.
Il a dénoncé
«les dérives» de l'utilisation en 2004 de fichiers de police,
tel le Stic (Système de traitement des infractions constatées)
qui, à cause «d'informations erronées ou trop vieilles»,
ont bloqué l'embauche de candidats à des postes de sécurité.
Ainsi, la Cnil a vérifié pour 254 requérants les renseignements
inscrits dans le Stic et a constaté des «erreurs» pour 67
d'entre eux, soit «dans 26 % des cas»."
http://www.liberation.fr/page.php?Article=291177