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L'empreinte biologique, nouveau titre d'identité

LE MONDE | 27.04.05 | 14h00 • Mis à jour le 27.04.05 | 14h00

 

Extrait

 

«En approuvant le projet d'Identité nationale électronique sécurisée (INES), Jean-Pierre Raffarin a sans doute pris, le 11 avril, l'une des décisions les plus importantes de son mandat. Préparée de longue date par les experts du ministère de l'intérieur, cette réforme entraînera à terme de profonds bouleversements dans les rapports qu'entretiennent l'Etat et les citoyens. Recours à la biologie des individus pour établir l'identité ; création de fichiers nationaux de données biométriques ; utilisation de ces fichiers à des fins d'enquête de police ; création d'une carte d'identité électronique lisible à distance... L'énoncé des éléments-clés du projet de loi à venir suffit à illustrer l'importance des enjeux de la réforme.

Le dispositif INES repose pour une large part sur des technologies de reconnaissance biométrique. Dans la puce de la future carte d'identité ­ dont le déploiement devrait commencer en 2007 pour être généralisé en 2008 ­ seront stockées, outre l'état civil du porteur, deux empreintes digitales et une image faciale numérisée. Elément cardinal de la réforme, ces informations biométriques ne seront pas enregistrées uniquement sur les cartes elles-mêmes. Elles seront centralisées.

INES prévoit en effet la création de deux vastes fichiers nationaux. Le premier regroupera les empreintes digitales de tous les ressortissants français. Le second, leur image faciale numérisée. Ces bases de données seront sollicitées dans des conditions strictement encadrées par la loi. Cependant, la captation et l'exploitation systématique de données biologiques ne sont pas des opérations anodines.»

Stéphane Foucart

Article paru dans l'édition du 28.04.05

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