presse 4/
La carte d’identité
du futur.
<<ILS
ONT L’ELECTRONIQUE DANS LA PEAU. >>
Source : supplément
au journal « LE MONDE » :
"le Monde
2" des 25 et 26 JANVIER 2004 p 63 à 68.
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LES VERICHIP, MINUSCULES PUCES
IMPLANTEES DANS LE CORPS CONTENANT UN CODE CHIFFRE ACCESSIBLE
PAR FREQUENCE RADIO, COMMENCENT A TROUVER PRENEUR EN FLORIDE
ET AU Mexique DANS UN PUBLIC AISE . LA SOCIETE DE PALM BEACH
QUI LES COMMERCIALISE A IMAGINE DE MULTIPLES APPLICATIONS,
NOTAMMENT DANS LES DOMAINES DE LA SANTE ET DE LA SECURITE
; CARTE D’IDENTITE INFALSFIABLE, LA VERICHI, EQUIPEE A L’AVENIR
DU GPS, POURRAIT DEVENIR UN OUTIL DE SURVEILLANCE HYPERSOPHISTIQUE
ET ILLIMITE .
Yves Eudes –reportage photo Mario
Ruiz pour le Monde 2.
<<En ce matin de
décembre, le premier patient du docteur Harvey Kleiner, généraliste
installé dans une banlieue aisée de Fort Lauderdale, en Floride,
est un homme en parfaite santé. Gary Blackburn, 21 ans, s’allonge
sur la table d’auscultation, puis remonte la manche de sa
chemise. Le médecin lui fait une piqûre anesthésique dans
le haut du bras, puis une seconde au même endroit avec une
grosse aiguille biseautée contenant un petit cylindre de verre
ultra résistant qui va se loger entre la peau et le muscle.
Baptisé Verichip, cet appareil de 12mm de long sur 2 mm d’épaisseur
renferme une puce informatique, un émetteur et une antenne.
Pour vérifier
son fonctionnement , le docteur s’approche du jeune homme
en tenant à la main un petit lecteur - s! canner, qui active
l’implant à distance, et reçoit le contenu de sa mémoire par
fréquence radio. Sur l’écran du lecteur, apparaît une série
de seize chiffres, le nouveau numéro d’identification universel
de Gary Blackburn.
Le jeune homme
peut s’en aller, après avoir payé 200 dollars (près de 160
euros) . il devra simplement revenir dans cinq jours pour
s’assurer que tout est en ordre.Le docteur Kleiner a déjà
implanté verichip sur une vingtaine de personnes. Une douzaine
de « centres d’implantation » similaires sont prêts à fonctionner
à traversles Etats-Unis.
La verichip est
fabriquée par la société ADSX, installée à Palm Beach (Floride),
spécialisée dans les systèmes de télécommunication haut de
gamme. Dans sa version actuelle, la mémoire de l’appareil
contient seulement un numéro d’identification, >>
CE QUI PERMET
DEJA UNE GAMME INFINIE D’APPLICATIONS.
<<Le premier usage
qu’en a imagine Scott Silverman, PDG d’ADSX, est médical.
Son objectif est de ! vendre aux services d’urgence des hôpitaux,
puis à tous les médecins des Etats-Unis un lecteur de Verichip
connecté à Internet.Par ailleurs, il a mis en place une base
de données destinée à accueillir les dossiersmédicaux de tous
les porteurs d’implant
.Dès lors, explique-t-il,
le scénario est simple : « Un blessé inconscient est amené
aux urgences. Aussitôt le lecteur installé à l’entrée de l’hôpital
repère la verichip dans son bras, relève son numéro et va
chercher son dossier médical dans la base de données via Internet.
En une seconde les médecins voient s’afficher sur un écran
tous les antécédents médicaux , ses allergies, ses maladies
chroniques, et pourront adapter leurs soins en conséquence.
Sans ces informations , les urgentistes travaillent à l’aveuglette,
ce qui entraîne régulièrement des erreurs fatales
ADSX a déjà démarché
les quatorze hôpitaux du comté de Palm Beach qui, TOUS SAUF
UN , se sont dits intéressés. Le gouvernement fédéral n’a
pas encore délivré l’autorisation définitive de mise sur le
marché de Verichip pour les applications médicales, mais M.
Silverman estime que ce sera en règle dès le printemps.>>
<<Le docteur Kleiner,
qui a siégé au conseil d’administration d’un grand hôpital,
est lui aussi persuadé du succès de ce système : « Il permettra
aux services d’urgence de travailler plus vite, donc d’économiser
de l’argent. L’ARGUMENT FINANCIER SERA DETERMINANT »
<<Certains de ses
patients ont décidé de ne pas attendre . la famille Jacobs,
habitant à Boca raton, près de Palm Beach, est la première
au monde à s’être fait implanter. Le fils, Derek, est un adolescent
surdoué, passionné d’électronique. Dès qu ‘il a appris l’existence
de la Verichip ! dans une revue scientifique , il a contacté
ADX : « JE TENAIS A ETRE LE PREMIER ADO A AVOIR MA CHIP, C’EST
TROP COOL » . Mais surtout il voulait en faire profiter son
père, Jeff, cancéreux depuis vingt – cinq ans et souffrant
d’une série de maladies dues aux effets secondaires des traitements,
Jeff est un habitué des urgences, il n’a pas hésité :
« Ca me rassure de savoir
que j’ai un filet de sécurité dans le bras, je vais me remettre
à voyager ».
Dans la foulée Derek a
convaincu sa mère de se faire implanter, à tout hasard. LE
SECOND GRAND MARCHE VISE PAR ADSX EST CELUI DE LA SECURITE
QUI N’EST PAS REGLEMENTE.>>
<<Ainsi Gary Blackburn
s’est fait implanter parce qu’il est compositeur de musique
hip-hop : « Dans ce milieu, le piratage de rythmes et de mélodies
est devenu la norme. On ne peut faire confiance à personne,
surtout pas aux producteurs. Le numéro de ma Verichip servira
de code d’accès à ma banque musicale et à mes masters. Personne
ne pourra les ouvrir si je ne suis pas physiquement présent
dans le studio ».
<<Son père , Rick,
vendeur de voitures de sport customisées s’est également fait
implanter, car il est en train de mettre au point un nouveau
système de localisation :>>
«LA VOITURE NE DEMARRERA
QU’EN PRESENCE DE LA VERICHIP DE SON PROPRIETAIRE. En cas
d’agr! ession à main armée à un feu rouge, le moteur se coupera
automatiquement au bout de deux minutes »
<<L’US ARMY qui
étudie différents systèmes d’identification électronique des
soldats POURRAIT DEVENIR SON PLUS GROS CLIENT .
Par ailleurs, M Silverman
affirme que DES FONCTIONNAIRES DU SERVICE D’IMMIGRATION (IMS)
IMAGINENT DE RENDRE L’IMPLANT OBLIGATOIRE pour les ressortissants
des pays dits de « l’axe du mal » désireux de séjourner aux
Etats Unis .
Les compagnies privées
de surveillance s’intéressent aussi à la Verichip. A Palm
Beach, Ray Murdoch, directeur de la société Carpenter spécialisée
dans l’installation de systèmes de sécurité envisage un contrat
avec ADSX : « Un client vient de faire construire une villa
de 7500 m2, où viendront travailler une centaine d’employés.
POUR LUI ON PEUT IMAGINER UN SYSTEME D’ACCES BASE SUR LA VERICHIP
: SELON SA FONCTION CHAQUE EMPLOYE POURRAIT OUVRIR CERTAINES
PORTES, MAIS PAS D’AUTRES ;QUELQUES UNS NE SONT SANS DOUTE
PAS D’ACCORD POUR SE FAIRE IMPLANTER, MAIS SI C’EST UNE CONDITION
D’EMBAUCHE, LA PLUPART S’Y RESIGNERONT »
L’implant actuel N’EST
QUE LE PRECURSEUR d’une gamme de produits plus sophistiqués.
LA PROCHAINE GENERATION DE PUCES IMPLANTEES SERA DOTTE D’UNE
MEMOIRE SUFFISANTE POUR CONTENIR UN FICHIER, CE QUI EVITERA
DE SE CONNECTER A UNE BASE DE DONNEES
Par ailleurs, on pourra
bientôt ajouter à la verichip des biocapteurs qui transmett!
ront EN CONTINU la température du corps, la tension artérielle,
le taux d’oxygène et de glucose dans le sang. ENFIN – ET SURTOUT
– ADSX TRAVAILLE A LA FABRICATION D’UN IMPLANT CONTENANT UNE
BALISE GPS : AINSI LE PORTEUR POURRA ETRE LOCALISE EN TEMS
REEL EN N’IMPORTE QUEL POINT DE LA PLANETE. Le prototype actuel
et sa pile sont de la taille d’un pacemaker , mais les techniciens
espèrent parvenir à une taille « confortable » DES CETTE ANNEE
. (2004) ;
ADSX VISE DEJA LE MARCHE
MONDIAL, et a trouvé des distributeurs en Espagne, en Russie
et en Amérique Latine. L’un des pays pionniers est le Mexique,
OU LA LEGISLATION EST PEU CONTRAIGNANTE et où les problèmes
d’insécurité sont immenses.
EN CINQ ANS, UN MILLIER D’ENFANTS MEXICAINS
ONT ETE ENLEVES CONTRE RANCON ET 100.000 ONT DISPARU ; LA
PUCE IMPLANTABLE N’EST PAS UN REMEDE MIRACLE MAIS ELLE AIDERA
A EN REPERER QUELQUES UNS.
ADSX a signé un contrat
avec la petite société Solusat, CREEE POUR L’OCCASION, qui,
à s! on tour, a passé des accords avec une vingtaine de distributeurs
régionaux et douze cabinets médicaux. En quatre mois, plus
de 500 Mexicains se sont fait implanter. LES SERVICES D’URGENCE
DES HOPITAUX DE LA CROIX ROUGE DE MEXICO ET DE GUADALAJARA
SONT DESORMAIS EQUIPES DE LECTEURS DE VERICHIP, ET ATTENDENT
LEURSPREMIERS PATIENTS IMPLANTES.
LE SECTEUR DE LA SECURITE
EST ENCORE PLUS PROMETTEUR. Début 2003, les médias mexicains
ont annoncé à tort que LA VERICHIP GPS était déjà en vente
: la nouvelle a provoqué un afflux de demandes provenant de
gens fortunés de tout le pays, qui y voient un moyen de défense
contre le kidnapping. AuMexique, l’enlèvement d’hommes d’affaires
et de personnalités contre rançon est devenu une industrie
: douze par jour en moyenne, effectués par des gangs très
organisés, auxquels ‘ajoutent d’innombrables « kidnappings
express » commis par des voyous de quartier.L’une de leurs
victimes les plus connues s’appelle Ernestina Sodi Miranda,
enlevé! e en Septembre 2002 par
un gang
dans un quartier chic de Mexico.
Ernestina appartient à
une famille riche, et sa soeur, Thalia est une chanteuse célèbre
qui a épousé le patron de Sony Music . Dès son premier jour
de détention, Ernestina a été soumise à un interrogatoire
: « mes ravisseurs voulaient savoir où était ma chip , dans
quelle partie de mon corps elle était cachée. Je ne comprenais
rien, je n’avais jamais entendu parler des puces implantables.
J’ai fini par les convaincre de ma bonne foi ». Ernestina
est restée trente-quatre jours dans un cachot avant d’être
relâchée contre rançon. Après sa libération , elle lance une
association d’aide aux victimes et découvre les fameuses chips
qui préoccupaient ses ravisseurs>>
Malgré ce risque, M. Morales
recommande l’implantation aux victimes potentielles « à condition
de n’en parler à personne , car les kidnappeurs sont souvent
descomplices dans l’entourage de leurs victimes, ET PRESQUE
TOUJOURS AU SEIN DE LA POLICE »
Ernestina a du mal à se
faire une opinion : »Mon esprit dit oui à la chip, mais mon
coeur dit non. C’est un objet envahissant, surtout avec GPS.
Et si j’en avais eu un lors de mon enlèvement, aurais- je
su mentir ? ».
Elle ne veut pas imaginer
qu’elle pourrait à nouveau se retrouver prisonnière, mais
elle a peur pour ses filles âgées de 15 et 17 ans. Camila
l’aînée, se souvient qu’après sa libération sa mère ne voulait
plus la laisser sortir de la maison : « J’ai obéi pendant
un mois, car maman était dans un état terrible . maintenant
ça va mieux, mais elle veut toujours savoir où je suis. Si
elle me demandait de me faire implanter, ça me déplairait,
mais je le ferais ».
Ernestina comprend sa
réticence : « Elle est grande, elle a droit à sa vie privée.
Mais si j’avais aujourd’hui un enfant de 5 ou 6 ans, je le
ferais implanter »
Ernestina est aussi membre
de la Fédération d’enquête sur les enfants enlevés et disparus
(FNRD), dont le président, Guillermo Guttierez Romero, est
un partisan inconditionnel de verichip : « En cinq ans, un
million d’enfants Mexicains ont été enlevés contre rançon,
et 100.000 ont disparu dans des circonstances diverses, liées
à la violence des adultes.
La puce implantable n’est
pas un remède miracle, mais elle aidera par exemple quand
on retrouve des enfants incapables de s’exprimer parce qu’ils
sont blessés, drogués ou traumatisés par des mauvais traitements.
PAR AILLEURS SI ON PLACE DES LECTEURS DE CHIPS DANS LES AEROPORTS,
! LES GARES ROUTIERES, LES STATIONS SERVICES , on pourra en
repérer quelques us. »
M. Guttierez pense déjà
à l’étape suivante , LA VERICHIP GPS : « le trafic d’enfants,
pour prostitution, adoption illégale ou autres a pris une
dimension planétaire. On a retrouvé des petits Mexicains aux
Etats Unis, mais aussi en extrême orient et en Europe. POUR
LUTTER CONTRE CES MAFIAS IL FAUT DES OUTILS DE DIMESNION PLANETAIRE,
COMME LE REPERAGE PAR SATELLITE »
M. Guttierez a signé un
accord avec Solusat POUR L’EQUIPEMENT DES ENFANTS SCOLARISES
DE MEXICO – du moins ceux dont les parents pourront payer
150 dollars (environ 120 euros) . Il a obtenu l’appui officiel
de M ? José Perez Luis Bautista, président de la grande association
de parents d’élèves FANE – PAF : « Quant le verichip-GPS sera
au point, je veux être le premier à faire implanter mes trois
filles ». les deux organisations vont lancer un programme
d’information dans les écoles :
« NOUS SOMMES FIERS D’ETRE
DES PRECURSEURS, NOUS AVONS LE SENTIMENT DE DONNER L’EXEMPLE
, ET D’AIDER AINSI LES ENFANTS DU MONDE ENTIER ».