Extraits de
presse 45
Terroristes
ou citoyens, tous sous contrôle
Ces
industries florissantes de la peur permanente
Le
Monde diplomatique --- > août 2005 > Pages 16 et 17
"Sur
le front intérieur, la « guerre au terrorisme » conduit
à une accumulation sans limites de « données » de tous types
sur les personnes, leurs occupations, leurs amitiés, leurs
achats, leurs lectures. Dans un jeu de surenchère technologique,
l’échec de chaque technologie justifie le déploiement d’un
arsenal toujours plus complexe… et toujours aussi peu «
efficace » au regard de ses objectifs avoués. Mais l’essor
du marché de la peur a d’autres ressorts, plus clandestins…
"
Par Denis Duclos
Sociologue, directeur de recherches au CNRS, auteur notamment
du Complexe du loup-garou, La Fascination de la violence
dans la culture américaine, réédition 2005, et nouvelle
postface, La Découverte, Paris.
«
Les attentats meurtriers de juillet
à Londres s’inscrivent dans une suite d’actes visant surtout
les nations impliquées dans l’occupation militaire au Proche-Orient.
Ils sont
les produits d’une guerre asymétrique (1) qui laisse peu
de choix à ceux qui – religieux ou non – pensent combattre
une « croisade » menée pour contrôler des ressources plus
que pour exporter la démocratie.
Cela
dit, résistance ou terrorisme aveugle, les pays frappés
doivent protéger leurs citoyens. Et comme l’ont enfin admis
les dirigeants du G8, la solution profonde à la violence
est l’éradication de l’oppression et de la pauvreté (2).
A plus court terme, les Espagnols ont choisi une défense
efficace après l’horrible attentat qui fit 186 morts le
11 mars 2004 à Madrid : le retrait de leurs troupes d’occupation
d’Irak, couplé à une diligente enquête policière.
Ce
n’est pas la voie empruntée par les autres grands pays concernés
: priorité a été plutôt donnée à une réponse « technocentrée
», visant un grand nombre d’étrangers considérés – pour
des raisons indépendantes du terrorisme – comme « indésirables
(3) », ainsi que l’ensemble des populations.» ...
http://www.monde-diplomatique.fr/2005/08/DUCLOS/12433