resistance
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Pas
de zéro de conduite pour les enfants de trois ans
Appel en
réponse à l’expertise INSERM sur le trouble des conduites
chez l’enfant
Appel à l'initiative
des premiers signataires suivants :
Dr Christine
Bellas-Cabane (pédiatre, présidente du syndicat national des
médecins de PMI), Dr François Bourdillon (président de la
société française de santé publique), Dr Marie-Laure Cadart
(médecin, anthropologue, syndicat national des médecins de
PMI), Michèle Clément (secrétaire générale du syndicat national
des psychologues), Dr Yvonne Coinçon (pédopsychiatre, association
des psychiatres de secteur infanto-juvénile),
Jean-François
Cottes (psychologue clinicien, psychanalyste, InterCoPsychos,
Institut de Jeunes Sourds de Clermont-Ferrand), Pr Boris Cyrulnik
(neuropsychiatre et éthologue), Pr Pierre Delion (chef de
service de pédopsychiatrie au CHU de Lille), Danièle Delouvin
(psychologue, présidente d’A.NA.PSY.p.e. – association nationale
des psychologues pour la petite enfance), Dr Michel Dugnat
(pédopsychiatre, unité parents-bébés hôpital de Montfavet),
Dr Marie-Thérèse
Fritz (pédiatre, syndicat national des médecins de PMI), Sylviane
Giampino (psychanalyste, psychologue petite enfance, fondatrice
d’A.NA.PSY.p.e.), Pr Bernard Golse (chef de service de pédopsychiatrie
CHU Necker-enfants malades, professeur Université Paris V),
Pr Roland Gori (psychanalyste, professeur d’université), Pr
Catherine Graindorge (chef de service de pédopsychiatrie Fondation
Vallée, professeur Université Paris XI),
Pr Philippe Gutton
(pédopsychiatre, professeur des universités), Alberto Konicheckis
(maître de conférences en psychologie clinique, Université
de Provence), Dr Evelyne Lenoble (pédopsychiatre, hôpital
Sainte-Anne), Pr Roger Misès (professeur émérite de psychiatrie
de l’enfant et de l’adolescent, Université Paris XI), Pr Martine
Myquel (présidente de la société française de psychiatrie
de l’enfant et de l’adolescent et des disciplines associées),
Gérard Neyrand
(professeur de sociologie Université Toulouse III), Dr Pierre
Paresys (Union syndicale de la psychiatrie), Danielle Rapoport
(psychologue clinicienne, association Bien-traitance formation),
Elisabeth Roudinesco (historienne, directrice de recherches
Université Paris VII), Dr Pierre Staël (président du syndicat
des psychiatres français), Dr Pierre Suesser (pédiatre, syndicat
national des médecins de PMI).
Le gouvernement
prépare actuellement un plan de prévention de la délinquance
qui prône notamment une détection très précoce des « troubles
comportementaux » chez l’enfant, censés annoncer un parcours
vers la délinquance. Dans ce contexte la récente expertise
de l'INSERM, qui préconise le dépistage du « trouble des conduites
» chez l’enfant dès le plus jeune âge, prend un relief tout
particulier.
LES PROFESSIONNELS
SONT INVITES A REPERER DES FACTEURS DE RISQUE PRENATAUX ET
PERINATAUX, GENETIQUES, ENVIRONNEMENTAUX ET LIES AU TEMPERAMENT
ET A LA PERSONNALITE. Pour exemple sont évoqués à propos de
jeunes enfants « des traits de caractère tels que la froideur
affective, la tendance à la manipulation, le cynisme » et
la notion « d'héritabilité (génétique) du trouble des conduites
». Le rapport insiste sur le dépistage à 36 mois des signes
suivants : « indocilité, hétéroagressivité, faible contrôle
émotionnel, impulsivité, indice de moralité bas », etc. Faudra-t-il
aller dénicher à la crèche les voleurs de cubes ou les babilleurs
mythomanes ?
DEVANT CES SYMPTOMES,
LES ENFANTS DEPISTES SERAIENT SOUMIS A UNE BATTERIE DE TESTS
ELABORES SUR LA BASE DES THEORIES DE NEUROPSYCHOLOGIE COMPORTEMENTALISTE
QUI PERMETTENT DE REPERER TOUTE DEVIANCE A UNE NORME ETABLIE
SELON LES CRITERES DE LA LITTERATURE SCIENTIFIQUE ANGLO-SAXONNE.
Avec une telle approche déterministe et suivant un implacable
principe de linéarité, le moindre geste, les premières bêtises
d’enfant risquent d’être interprétés comme l’expression d’une
personnalité pathologique qu’il conviendrait de neutraliser
au plus vite par une série de mesures associant rééducation
et psychothérapie.
A PARTIR DE SIX
ANS, L’ADMINISTRATION DE MEDICAMENTS, PSYCHOSTIMULANTS ET
THYMOREGULATEURS DEVRAIT PERMETTRE DE VENIR A BOUT DES PLUS
RECALCITRANTS. L’application de ces recommandations n’engendrera-t-elle
pas un formatage des comportements des enfants, n’induira-t-elle
pas une forme de toxicomanie infantile, sans parler de l’encombrement
des structures de soin chargées de traiter toutes les sociopathies
? L’expertise de l’INSERM, en médicalisant à l’extrême des
phénomènes d’ordre éducatif, psychologique et social, entretient
la confusion entre malaise social et souffrance psychique,
voire maladie héréditaire.
EN STIGMATISANT
COMME PATHOLOGIQUE TOUTE MANIFESTATION VIVE D’OPPOSITION INHERENTE
AU DEVELOPPEMENT PSYCHIQUE DE L’ENFANT, EN ISOLANT LES SYMPTOMES
DE LEUR SIGNIFICATION DANS LE PARCOURS DE CHACUN, EN LES CONSIDERANT
COMME FACTEURS PREDICTIFS DE DELINQUANCE, L’ABORD DU DEVELOPPEMENT
SINGULIER DE L’ETRE HUMAIN EST NIE ET LA PENSEE SOIGNANTE
ROBOTISEE. Au contraire, plutôt que de tenter le dressage
ou le rabotage des comportements, il convient de reconnaître
la souffrance psychique de certains enfants à travers leur
subjectivité naissante et de leur permettre de bénéficier
d’une palette thérapeutique la plus variée.
Pour autant,
tous les enfants n’en relèvent pas et les réponses aux problèmes
de comportement se situent bien souvent dans le domaine éducatif,
pédagogique ou social.
Cette expertise
INSERM intervient précisément au moment où plusieurs rapports
sont rendus publics au sujet de la prévention de la délinquance.
On y lit notamment des propositions visant à dépister dès
les trois premières années de leur vie les enfants dont l’«
instabilité émotionnelle (impulsivité, intolérance aux frustrations,
non maîtrise de notre langue) (va) engendrer cette violence
et venir alimenter les faits de délinquance ».
ON ASSISTE DES
LORS, SOUS COUVERT DE « CAUTION SCIENTIFIQUE », A LA TENTATIVE
D’INSTRUMENTALISATION DES PRATIQUES DE SOINS DANS LE CHAMP
PEDOPSYCHIATRIQUE A DES FINS DE SECURITE ET D’ORDRE PUBLIC.
Le risque de dérive est patent : la détection systématique
d’enfants « agités » dans les crèches, les écoles maternelles,
au prétexte d’endiguer leur délinquance future, pourrait TRANSFORMER
CES ETABLISSEMENTS DE LIEUX D’ACCUEIL OU D’EDUCATION EN LIEUX
DE TRAQUE aux yeux des parents, mettant en péril leur vocation
sociale et le concept-même de prévention.
PROFESSIONNELS,
PARENTS, CITOYENS, DANS LE CHAMP DE LA SANTE, DE L’ENFANCE,
DE L’EDUCATION, ETC. : - Nous nous élevons contre les risques
de dérives des pratiques de soins, notamment psychiques, vers
des fins normatives et de contrôle social.
-
Nous refusons la médicalisation ou la psychiatrisation de
toute manifestation de mal-être social.
-
Nous nous engageons à préserver dans nos pratiques professionnelles
et sociales la pluralité des approches dans les domaines médical,
psychologique, social, éducatif… vis-à-vis des difficultés
des enfants en prenant en compte la singularité de chacun
au sein de son environnement.
-
Nous en appelons à un débat démocratique sur la prévention,
la protection et les soins prodigués aux enfants, dans un
esprit de clarté quant aux fonctions des divers acteurs du
champ social (santé, éducation, justice…) et quant aux interrelations
entre ces acteurs.
Contact
: contact@pasde0deconduite.ras.eu.org
SIGNER
LA PETITION
: http://www.pasde0deconduite.ras.eu.org/index.php?petition=3&signe=oui
http://www.pasde0deconduite.ras.eu.org/